Aux chiottes !

“Nous devons continuer d’éduquer et de protéger les populations les plus exposées, et de faire évoluer les mentalités et les pratiques anciennes auxquelles se heurte la quête de dignité.”

Ces mots de Ban Ki-moon, le Secrétaire général de l’ONU, n’ont rien à voir avec l’actualité. En tout cas pas avec notre triste actualité hexagonale qui en vient à occulter toutes les autres, nous faisant presque oublier que le monde compte 192 autres États que le nôtre et 7.316.644.771 humains (chiffre provisoire au moment où j’écris) d’une autre nationalité.

Ainsi, hier matin le rugbyman néo-zélandais Jonah Lomu n’a eu droit qu’à 13 secondes sur les 15 minutes que durait le journal de 8 heures que j’ai écouté chez France-Culture. À peine plus que les 10 seconde consacrées aux 32 morts (et environ 80 blessés) victimes d’un attentat attribué à Boko Hara sur le marché de Yola dans le nord-est du Nigeria (10 secondes…).

Et je ne suis pas allé compter ailleurs, sur des sites d’information dont tout le temps de cerveau disponible était accaparé par une femme qui se faisait sauter

(Pour les lecteurs trop pressés qui ne cliquent pas sur les liens, je remets le dessin de Barros que j’ai posté hier en commentaire, ainsi que … le lien vers le site de son auteur, Barros…)

Tous unis vraiment ? C’était la question que posait hier la matinale de France-Culture. La réponse est au-dessus. Pas dans le dessin mais dans le traitement de l’information dans notre pays en temps de guerre.

Bref.

Pour en revenir au propos de Ban Ki-moon, ils sont extraits du communiqué rédigé par le Secrétaire général de l’ONU à l’occasion de la Journée mondiale des toilettes qui se déroule aujourd’hui pour la troisième fois depuis l’adoption de la résolution “L’assainissement pour tous” en juillet 2013. Et dont l’ONU espère qu’elle cessera en 2025, date à laquelle devrait être éradiquée “la défécation à l’air libre”.

Laquelle concerne encore plus d’un milliard de terriens. Sans compter les 1,4 milliards d’autres qui n’ont pas accès à des sanitaires décents.

On espère qu’il n’y a pas de terroristes parmi ces déshérités de la défécation. Sinon il sera difficile d’aller les “buter jusque dans les chiottes”, selon la menace de Vladimir Poutine au siècle passé, délicatement reprise ces jours-ci sur les réseaux “sociaux”.

(Photos : Mike Hutchings, Akintunde Akinleye, Bassam Khabieh, Ivan Alvarado, Lucas Jackson, Yannis Behrakis, Jason Lee, Thierry Gouegnon, Thomas Peter, David Gray, Thomas Mukoya, Jamal Saidi, Muhammad Hamed, Mariana Bazo)

Je n’ai pas eu le courage de légender toutes les images du jour en provenance d’Afrique du Sud, d’Alaska, du Chili, de Chine, de Côte d’Ivoire, de Grèce, de Jordanie, du Kenya, du Liban, du Nigeria, du Pérou, de Russie, de Syrie et du Tibet.
Merci à Reuters de les avoir réunies (avec quelques autres) dans cette courte vidéo…

Et aussi bon anniversaire à mon non encore lecteur qui fête aujourd’hui ses … 2 ans !

Il y avait aussi des choses intéressantes dans la matinale de France-Culture hier matin… Merci à Mathieu Conquet de m’avoir fait découvrir The Langston Project qui réunit des textes de Langston Hugues (1902 -1967) sur des musiques du guitariste danois Hasse Poulsen. Si vous n’avez le temps de n’écouter qu’un morceau, allez directement au n°6 I Dream A World.

Par procuration

J’ai longtemps gardé le silence sur mondoblog et m’en excuse auprès des quelques fidèles auxquels j’aurai manqué.

C’est que même la duplication de contenu demande un temps dont je dispose de moins en moins.

Mais, puisque j’ai longuement écrit aujourd’hui, je peux bien prendre un peu (plus) de temps pour copier-coller l’article du jour, en provenance d’abcdetc canal historique

voter-avec-ses-pieds

Il y a plus de 6 mois, je me suis coupé le doigt en faisant la vaisselle. Je n’ai pas dit sectionné hein ? Juste bien entaillé par le bord tranchant d’une assiette qui s’est cassée en deux sous la pression de l’éponge. C’est vous dire si je ne fais pas les choses à moitié ! Belle entaille et beau sang rouge. Et depuis une gêne de tout le doigt voire de tout le bras dans les bons jours. Et les mauvaises nuits.

Je ne vous dis pas ça pour me plaindre ni pour témoigner de mon abnégation à poursuivre mes activités dans l’adversité depuis tout ce temps. Malgré ce handicap, finalement tellement dérisoire comparé à d’autres que je tairai ici par pudeur.

Juste parce que j’avais rendez-vous ce matin chez un spécialiste de l’auriculaire. Et des autres doigts. De la main tout entière. Droite ou gauche, sans discrimination. En ce qui me concerne, c’est l’auriculaire gauche qui fut tailladé. J’ai omis de le préciser tout à l’heure.

Mais le rendez-vous a été reporté par la secrétaire médicale qui m’a appelé en fin de semaine dernière pour m’annoncer que le Dr X serait en grève ce vendredi 13.

Pas de chance, me dis-je in petto, en hésitant du coup à parier mon obole sur un hypothétique gain de 13 millions au loto du jour. Avant de demander à haute voix à mon interlocutrice les raisons de ce mouvement d’humeur de mon praticien et de grève de ses collègues.

La pauvre bafouilla quelque peu, m’expliquant que la grève était pour la loi santé. Que je pouvais consulter sur Internet. Je rectifiais,  pour moi la grève était sans doute plutôt contre et je voulais bien qu’on m’explique plus précisément contre quoi. La pauvre secrétaire bafouilla davantage, visiblement peu préparée à mes questions. Elle m’expliqua que c’était pour la défense des patients et de leur liberté d’accès aux soins et tralala, blabla… N’étant pas d’un naturel sadique, je n’ai pas prolongé le calvaire de la pauvre secrétaire si mal informée par son patron. Je lui ai juste demandé de transmettre à celui-ci que je n’avais pas besoin qu’on fasse grève à ma place. Et j’ai remis à plus tard mon rendez-vous.

C’est hier, en croisant les “informations” sur LCI, que j’ai appris de la bouche d’un représentant des médecins libéraux dont j’ai oublié le nom que je ne suis pas allé rechercher (désolé) que les protestations médicales portaient notamment sur la généralisation du tiers payant, que ces nobles praticiens ne veulent pas subir. “Nous ne voulons pas être les otages de la sécurité sociale”, précisait le brave toubib. Sans que le contredise son interviewer en lui faisant remarquer : 1° que les “otages ” de cette grève devraient être les usagers selon la logique éprouvée à l’égard des fonctionnaires et autres agents de service public, notamment dans les transports ; 2° que la sécurité sociale est quand même le dispositif qui permet aux médecins d’être payés, ce qui fait d’eux d’une certaine manière les collègues des fonctionnaires qu’ils aiment bien dénoncer…

Bref.

Après cette longue introduction très hexagonale et donc hors sujet, je suis allé voir chez les Grecs, qui eux aussi faisaient grève (mais sans procuration), pour protester (encore) contre l’étranglement de la rigueur dont il croyait s’être un peu débarrassé en votant pour Syriza. Et dont le gouvernement d’Alexis Tsipras a fini par accepter de leur resservir une nouvelle tranche. La grève du 12 novembre contre ce gouvernement Syriza était d’ailleurs soutenue par… Syriza. De quoi devenir schizophrène. Mais j’ai compris malheureusement que l’état des finances de la majorité des Grecs ne leur permettait guère de consulter les psychiatres de leur pays. Dont je ne sais pas de qui ils se sentent otages : de leur gouvernement ou du “quartet” qui a succédé à la “troïka” qui veille à l’orthodoxie libérale des remèdes imposés à leur pays. Et qui venait vérifier tout ça sur place mercredi, à la veille de la grève générale. J’espère qu’ils ont été coincés à l’aéroport au moins…

Bref (bis).

J’ai toujours mal au doigt et au bras. Et la démocratie a des soucis à se faire aussi bien en Grèce que dans le reste d’une Europe de plus en plus sourde aux alternatives.

Les peuples vont continuer à voter de plus en plus avec leurs pieds, comme le dit l’expression figurée. Incarnée aujourd’hui par cette image en provenance d’Haïti, où plusieurs milliers de personnes ont manifesté mercredi pour protester contre le “vol” auquel se serait livré le président sortant, président Michel Martelly, à l’occasion du premier tour de l’élection présidentielle, le 25 octobre 2015, plaçant son poulain Jovenel Moïse (à l’affiche ici piétinée) en première position avant le second tour…

Je sais. Ce billet vous paraîtra peut-être long et sans vraiment de logique.

Mais ma conclusion, d’à propos en à propos, est simple :

Je ne donnerai plus jamais de procuration, comme celle qui me comptabilisa (contre mes consignes de vote) comme électeur de Chirac en 2002. Et je conseillerais au président sortant, s’il décidait enfin à faire appel à mes services plutôt qu’à ceux de communicants désespérants de démagogie, de cesser de jouer à faire monter la droite extrême en espérant ainsi emporter un deuxième mandat. Car, en 2017 comme en 2002 (et en 2007 et en 2012), je me refuserai toujours à voter à droite pour soi-disant faire barrage à l’extrême droite.

Et je ne suis plus seul à avoir compris que François Hollande, pas plus que Ségolène Royal et tant d’autres de leurs “camarades”, n’est “pas de gauche”.

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(Photo : Dieu Nalio Chery)

“La réussite dans la vie dépend de plusieurs facteurs, tels que : la volonté, la détermination, la discipline, le respect des valeurs sacrées, la croyance en soi, la sincérité, l’assiduité au travail et surtout la patience. Sur le plan de la réussite collective, tout cela ne servira à rien si tous les membres d’une société, d’un groupe musical ou d’une organisation ne sont pas vraiment animés du même esprit ou s’ils ne partagent pas les mêmes aspirations et les mêmes rêves. En d’autres termes, il faut qu’ils aient tous le même but.”

Quitte à être long, je n’ai pas résisté au plaisir de vous recopier l’introduction de l’article qui m’a conduit jusqu’à Zenglen, groupe haïtien que je vous laisse maintenant découvrir tranquillement.

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Sans hésiter ?

(Photo : Scott Barbour)

Parfois, en écrivant ces billets quotidiens, il m’arrive d’hésiter entre plusieurs sujets, plusieurs photos. Ou même d’hésiter à écrire, parce que je ne trouve rien à dire, pas les mots ou pas les photos.

Mais hier, je suis tombé sur Kane Petersen. Qui, heureusement pour lui, n’est pas tombé lors de sa traversée à 300 mètres au-dessus de Melbourne… malgré une crampe à mi-parcours.

Que voulez-vous : par nostalgie d’une profession que je n’ai pu embrasser pour cause de vertige intempestif, j’ai une admiration et même une certaine d’affection pour les marcheurs sur fil d’acier. Et même si Kane Petersen n’a battu que le record national et qu’il n’effacera pas le souvenir de Philippe Petit, j’ai eu un sourire de complicité pour lui.

Sourire partagé par plusieurs de mes confrères… La photo du jour s’est retrouvée dans plein de titres de la presse internationale. Très peu ma foi chez les francophones, mais abondamment chez les anglo-saxons :

  • Daredevil walks between two buildings on high wire 984ft above ground – with leg cramp (Mirror)
  • “Daredevil suffers leg cramp during Australia’s highest ever tightrope walk” (Metro)
  • Tightrope walker suffers leg cramp during daredevil stunt nearly 300m above ground (ITV News)
  • “Daredevil Kane Petersen in Eureka Tower tightrope walk” (Herald Sun)
  • Daredevil Kane Petersen in Eureka Tower tightrope walk (Adelaide Now)

Oserai-je vous avouer que j’ai d’abord cru que Daredevil était le surnom de Kane Petersen, avant que Wikipedia ne m’apprenne que “Daredevil est un personnage de comics appartenant à l’univers de Marvel Comics qui a été créé en 1964 par Stan Lee et Bill Everett dans la revue Daredevil n°1”. Et que “l’expression anglaise ‘daredevil’, souvent utilisée pour qualifier les acrobates ou autres cascadeurs, peut se traduire par ‘casse-cou’, littéralement ‘tenter le Diable’, de l’anglais dare (oser) et devil (diable). Il est souvent surnommé ‘L’homme sans peur’.

Moi qui en était resté à Davy Crockett en tant qu’homme qui n’a jamais peur…

Le plus drôle, c’est que juste après cette découverte linguistique, j’ai croisé en photos plein d’autres daredevils.

(Photo : Eli Martinez)

La plongeuse italienne Roberta Mancino dans le Golfe du Mexique : “Italian daredevil Roberta Mancino was completely unprotected when she swam just inches away from the huge jaws of an American crocodile.”

(Photo : Pedro Pardo)

Les plongeurs d’Acapulco, non loin d’elle.

(Photo : Landov)

Spencer Horsman, qui semble s’inspirer d’Houdini pour ses plongeons personnels quelque part au Canada.

(Photo : DR)

Robbie Madison, compatriote de Kane Petersen qui fait du surf en moto.

(Photo : Alkis Konstantinidis)

Et, toujours dans la série risques aquatiques…

Euh non…

La photo de ce réfugié syrien qui empêche ce gamin de se noyer ne date pas d’hier mais de dimanche dernier…

Et j’ai comme l’impression en voyant son visage qu’il a peur.

Et la sensation, en lisant le chiffre qui légende l’image de 500.000 migrants qui ont tenté le diable en 2015 pour venir jusqu’en Europe, que le monde n’a pas fini d’avoir le vertige.

Et quelques crampes.

Raison de plus pour applaudir Kane Petersen.

À cause de Davy Crockett, j’ai hésité entre Annie Cordy et Chantal Goya.

Mais je n’ai pas réussi à départager ces deux grandes dames de la chanson française qui survivront à Guy Béart.

Alors, à cause du funambule et après plusieurs tâtonnements de Raphaël à Grand corps malade, en passant par Gérard Lenormand et Thomas Van Eeckhaute accompagné par Lucille Marchel-Seumois

…j’ai retrouvé Jehan. Qui vacille comme s’il allait basculer mais s’en sort finalement pas mal de cette chanson de JR Caussimon et L Ferré : Le Funambule.

Le poids des photos

Hier, l’image du jour n’était pas à la Une d’abcdetc.

Ce n’est pas par choix éditorial, fausse pudeur, dilemme entre le montrable et l’innommable, interrogations sur la déontologie… j’en passe, comme j’ai entendu mes confrères de la presse sérieuse s’en justifier en écoutant (ou en lisant) les « informations” de midi.

Non, c’est tout simplement que je n’en ai pris connaissance qu’après mon réveil, alors que le billet du jour était déjà publié.

Mais l’image (les images) n’est pas là non plus aujourd’hui 4 septembre, même si je me suis senti obligé d’en parler. Comme naguère à d’autres moments…

Pas seulement parce qu’elle est choquante. Et si cette image de désolation révulse, elle n’est pas plus terrible que la détresse de milliers de personnes que j’ai vue ces derniers mois sur des dizaines de photos…

Mais parce qu’elle est presque trop “visible”. Et que le tapage médiatique autour de l’humanité échouée (qu’on l’écrive en français ou en turc…) est assourdissant.

Que les mots clefs n’ouvrent pas forcément les yeux, les cœurs, les consciences, les pays.

Et que si une image vaut 1000 mots, celle-ci m’a ôté tous les miens.

Mais tellement d’autres ont parlé, glosé, scandé, déclaré, commenté, invectivé, affirmé leur prise de conscience, jusqu’à l’écœurement, la nausée, l’indigestion devant toutes ces réactions, d’indignation, d’horreur, d’humanité, de bouleversement. D’une émotion qui, une fois de plus, remplace et empêche la réflexion, et de réaction qui remplace l’action, et son urgente nécessité… comme l’a écrit en quelques caractères un certain Premier ministre.

Une émotion qui, ce matin au moment où j’arrive enfin à retrouver quelques mots, cède déjà la place à la polémique.

Alors, ce matin encore, je n’ai pas publié la photo (les photos) du petit Aylan (Kurdi ou Shenu).

Parce qu’une photo, quel que soit son poids, n’a jamais changé le monde.

Parce que, comme le disait hier Laetitia Guillemin, présidente de l’Association nationale des iconographes et iconographe au Monde diplomatique :

“Je ne suis pas pour ce genre de photos. Il y a d’autres moyens que la manière frontale. Utiliser un enfant pour dénoncer la non-politique européenne sur la question n’est pas la solution.”

Parce que, grâce à mes confrères du Huffington Post Maghreb, j’ai trouvé d’autres images.

De vivants.

Des réfugiés syriens en Jordanie, en 2013. Trop vivants pour émouvoir et faire cesser la guerre dans leur pays ?

Des réfugiés qui parlent.

Parmi les messages qu’ils ont voulu transmettre (et que vous pouvez retrouver ici), on peut lire : “Sauvez les enfants syriens.” “Où est ma vie ?” “Mon enfance m’échappe.”

Comme autant d’appels à l’aide et à l’action.

Mais aussi : “Je veux retrouver ma vie d’avant.” “Je veux retourner en Syrie, mais c’est dur.”

Qui nous rappellent que les réfugiés, les migrants, les exilés, les naufragés, quel que soit le nom qu’on leur donne (et cette autre polémique du langage…) demandent autant à être accueillis qu’à pouvoir espérer repartir un jour chez eux.

Que si des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants arrivent par milliers en Europe (et meurent par centaines sur nos rivages), ce n’est pas seulement pour “profiter” de nos richesses, emmener les enfants à Disneyland ou faire leurs courses sur Internet. C’est aussi, d’abord, que leur quotidien n’est pas possible là où ils sont. Dans des pays en guerre, secoués de violence, détruits par les conflits…

Et que la reconstruction, après des années de destruction en Afghanistan, en Irak, en Syrie, en Libye, en Somalie, en Érythrée, au Soudan, au Yémen… demandera autre chose que de l’émotion. Et ne se fera pas dans l’urgence.

Je sais. J’ai dit ce que j’ai pu…

(photos : Robert Fogarty)

La Family Atlantica propose plein d’autres vidéos sur son site. Mais celle-ci m’a paru d’actualité.

Just a Day on the Beach.

Et ne voyez aucun cynisme dans ce qui n’est qu’une amertume.

Exode massif

Une seule photo hier. Une quarantaine aujourd’hui…

Sur abcdetc, les jours se suivent et ne se ressemblent pas toujours.

Pas comme dans ce monde, parfois tristement répétitif…

À la longue liste des migrants, exilés, réfugiés et autres demandeurs d’asile qui parcourent le monde, il faut ajouter depuis le 22 août les sans-papiers colombiens qui vivaient “tranquillement” au Venezuela, jusqu’à la décision du président Nicolas Maduro de fermer la frontière entre son pays et la Colombie, jusqu’à une date “indéfinie”.

Pour le moment, juste un tronçon de 100 kilomètres de frontière (sur 2 219) a été verrouillé, seules 5 communes de l’Eat de Táchira (au nord du pays) ont été placées en état d’urgence et ils ne seraient que 1 000 à 2 000 Colombiens (sur près de 5 millions de personnes estimées) à avoir été expulsés.

On ne peut donc pas encore parler d’exode massif.

Sauf en jetant un œil aux bagages de ces nouveaux migrants traversant la rivière Tachira.

(Jose Miguel Gomez, Carlos Garcia Rawlins, Eliecer Mantilla, Efrain Patino, George Castellanos, Mauricio Duenas Castaneda)

N’ayant pas anticipé le billet d’aujourd’hui, je vous ai proposé hier d’écouter un groupe colombien…

Il me restait à trouver une musique vénézuélienne. Voici donc Pueblos Tristes, une chanson d’Otilio Galíndez, interprétée par Lilia Vera, et accompagnée de quelques autres photographies…