21 novembre 2013

Le roi du pétrole

Bernard Kouchner le disait déjà il y a 10 ans (pour le compte de Total et pour 25 000 €) : la situation des travailleurs du pétrole en Birmanie est reluisante.

Sans rouvrir la polémique, il n’est pas sûr que Bernard Kouchner se soit alors intéressé à Ko Min, qui n’était âgé à l’époque que de 16 ans et n’avait peut être pas encore les mains reluisantes. De pétrole.

A 26 ans donc, Ko Min extrait chaque jour pour 30€ de pétrole de ses trois petits puits situé dans la région de Minhla, au centre de la Birmanie. C’est beaucoup dans un pays où un quart des 50 millions d’habitants vit avec moins d’un dollar par jour. Cela signifie juste pour lui un an de travail pour rembourser les 1000 $ qu’il a dû verser en droits d’exploitation à l’agriculteur propriétaire du terrain.

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C’est dérisoire par rapport aux 8 000 barils que récolte chaque jour Total dans le même pays.

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Il faut dire, à la décharge de Ko Min, qu’il extrait son pétrole manuellement.

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Depuis l’assouplissement du régime et la levée des sanctions économiques par l’Union européenne, la Birmanie fait rêver les investisseurs auxquels Aung San Suu Kyi a rappelé la semaine passé que la démocratie avait encore du chemin à faire dans son pays. Ajoutant qu’elle croyait pour sa part “à un développement économique fondé sur le développement social et politique du pays comme faisant partie d’un tout”.

Ko Min fait partie du tout. Mais il n’intéresse pas les investisseurs et pourra continuer tranquillement à se salir les mains pour 30$ par jour.

(Crédit photos Damir Sagolj)

Sans revenir sur une page sportive allègrement écrite par ailleurs, je voudrais faire une analogie et souligner la particularité assez rare du groupe Tal National qui comporte 14 membres, dont la moitié de…  remplaçants.

“Lorsque nous jouons, explique Almeida son chef d’orchestre, c’est souvent pendant cinq heures d’affilée. Alors, il y a deux sets, avec les deux Tal National. Mais nous avons aussi doublé les effectifs pour répondre aux sollicitations, qui sont parfois nombreuses.”

Le groupe se produit cinq fois par semaine au Tafadek, club de Niamey. Il faudra que je demande à ma correspondante sur place si elle a eu le temps d’aller les écouter… Pour ceux qui trouvent que le Niger est un peu loin, Tal National vient de sortir son troisième disque (le premier diffusé à l’international) : Kaani.

[youtube F8UOUI4OGGw 600 338]

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Commentaires

Richard
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Ça alors, je ne savais même pas qu’on pouvait extraire son pétrole soit même !?? Un shadok Birman black point…

Je connaissais plutôt la Birmanie pour ses champs de pavots :
https://www.lexpress.fr/diaporama/diapo-photo/actualite/monde/asie/en-images-25-ans-de-reportage-en-birmanie_1170708.html?p=2#content_diapo