28 novembre 2013

A quel prix ?

En évoquant dans le billet d’hier une alternative entre la Pologne et la Roumanie pour une Ukraine rejoignant l’Union européenne, j’ai été quelque peu restrictif.

Car les pays en difficulté et les peuples en souffrance ne manquent pas au sein de l’Union : Irlande, Espagne, Portugal, Grèce…


bus-dacca

Hier matin, sur France-Culture, les deux derniers étaient les “invités” de la matinale, sous l’intitulé Grèce et Portugal font-ils les frais de la politique d’austérité ?Et Marc Voinchet, tout nouveau lauréat du prix Caloni qui récompense le meilleur intervieweur radiophonique, n’a même pas attendu ses invitées pour répondre “oui”…

Restrictions budgétaires à répétition, coupes dans les effectifs de fonctionnaires et donc dans les services publics, baisse des soins, de l’éducation, appauvrissement généralisé, chômage endémique. Je vous passe les détails connus. J’ai appris hier matin que la Grèce venait d’être rétrogradée au rang de marché émergent par les experts internationaux et que le taux de sida y avait bondi, certains toxicos n’hésitant pas à s’injecter eux même le virus pour “bénéficier” d’une allocation gouvernementale de 700 €.

J’en passe. Vous pouvez réécouter l’émission.

Vous pouvez aussi réécouter les trois minutes de propagande libérale de Brice Couturier, venu hier faire l’éloge des politiques d’austérité sur l’air de “ça marche”. Et de citer en exemple l’Allemagne de Schröder ou la Grande-Bretagne de Thatcher. Ça fait envie…

“Vous ne parlez que de chiffres. Les peuples ça existe !“ lui a objecté Françoise Arvanitis, l’une des invités.

Mais qui se soucie des peuples ? Ce qui compte c’est la croissance, la compétitivité, le retour du profit. Et de ce côté-là, la Grèce semble de nouveau intéresser les investisseurs, “les coûts salariaux” y ayant baissé de manière significative. Coca-Cola vient d’ailleurs d’y annoncer un retour emblématique.

Et j’en arrive (enfin) à la photo du jour qui ne nous vient ni de Lisbonne ni d’Athènes, mais de Dacca, capitale du Bangladesh, où le le parti national du Bangladesh (BNP), parti d’opposition, a organisé un blocus général des transports.

Après m’être demandé comment on arrivait à imbriquer autant d’autobus, puis m’être interrogé sur la désimbrication future, je me suis dit qu’avec encore un petit effort, les coûts salariaux des pays du sud de l’Europe pouvaient rattraper ceux des pays d’Asie. Les frais (et les problèmes) de transport en moins, voilà une piste pour faire repartir la croissance… des profits !

(photo : Munir uz Zaman)

Je sais… Piers Faccini est déjà passé plusieurs fois sur abcdetc. Mais quand on aime on ne compte pas.

Je sais aussi que le rapport entre ce qui précède et ce titre, Reste la marée, (le seul en français de son dernier album Between Dogs And Wolves) n’est pas des plus évident. Mais la beauté n’a pas de raison d’être, sauf peut être de nous consoler de tant de choses.

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