Sauver Alep ?

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Sauver Alep ?

Il m’arrive parfois de confondre. J’en suis confus…

Ainsi, en cliquant sur la miniature de la photo du jour, qui m’emmenait vers la galerie des “photos de la semaine” passée de mes confrères de Reuters, je me demandais dans quel spectacle figurait cette comédienne, toute vêtue de blanc, comme son visage… Je pensais peut être à de prochaines vacances dans un quelconque festival de rue, à Chalon-sur-Saône, à Aurillac ou ailleurs. dans ce pays en paix – malgré certains discours alarmistes – qui est le nôtre. Je me souvenais aussi du soldat blanc, Yuda Braun, arpentant les rues de Jérusalem pour y évoquer (invoquer?) la paix

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Ce n’est qu’en agrandissant l’image et le visage que le sang a sauté au mien. M’a sauté au yeux. Et en lisant la légende, j’ai vérifié qu’il ne s’agissait pas de fiction mais du sinistre spectacle du monde : “Une femme blessée réagit sur un site touché par une attaque aérienne, dans la zone de la vielle ville d’Alep contrôlée par les rebelles…”

Je traduis approximativement, mais tout y est.

Et c’est de nouveau l’horreur qui est en scène.

Après deux mois d’une trêve toute relative, les bombardements de l’aviation russe (au service du régime de Bachar el-Assad) ont repris. Et c’est de nouveau de véritables crimes que Le Monde nous relate et auxquels le monde assiste. Impuissant ?

Et je sais que mes mots de désolation, de honte ou de colère ne serviront à rien de plus que les “efforts” diplomatiques ou les manœuvres militaires. Mais j’ai vu le regard de cette femme qui ne joue que sa vie, tellement dérisoire, tellement méprisée, tellement hagarde, mais tellement tendue aussi vers la lumière et l’espoir. Même ténue.

Alors, même si… je joins ma voix infime à celles des hommes et femmes de bonne volonté. Et des enfants aussi. Comme cette fillette et sa pancarte brandie dans une manifestation de solidarité avec les habitants d’Alep, à Tripoli au Liban dimanche 1er mai.

(Photos : Abdalrhman Ismail, Ibrahim Chalhoub)

Dans un autre article, Reuters consacrait un reportage à la jeunesse de Damas (la capitale syrienne à 4 heures de toute d’Alep) où les jeunes Syriens tentent de revivre “normalement”en “fumant, buvant des bières ou des sodas et en parlant de tout sauf de la guerre”.

Je n’ai pas réussi à déceler dans l’article la musique qui s’écoute dans ces nuits damascènes. Mais de fil en aiguille, j’ai découvert le groupe Khebez Dawle (littéralement Pain d’État) qui, passé du Liban à l’Allemagne, via la Turquie, la Grèce, la Macédoine, la Serbie et la Croatie, se revendique toujours de … Damas sur sa page facebook et appelle, sur son site Internet, les gouvernements du monde à témoigner de leur humanité pour mettre un terme au “génocide mené par le régime du gang nazi d’Al-Assad ».

Bref.

Khebez Dawle est actuellement en tournée … en Allemagne. Et en attendant qu’ils aient l’autorisation (et l’envie…) de venir chanter par chez nous, je vous laisse apprécier cette vidéo (dont je n’ai pas réussi malheureusement à traduire les paroles).

[youtube gLxD76bXxzw 600]

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