Voter avec ses pieds

Article : Voter avec ses pieds
24 mars 2014

Voter avec ses pieds

Comme le disait poétiquement Pierre Desproges : “Comme disait Himmler en quittant Auschwitz pour aller visiter la Hollande, on ne peut pas être à la fois au four et au moulin !” Un œil sur Internet, une oreille sur les débats convenus des chaînes de radios ou de télévision, j’ai failli ne pas trouver le temps, hier soir, de vous préparer ce billet.

Mais je me suis repris à temps, avec l’aide des Espagnols.

Ainsi donc, le week-end où la France battait un nouveau record d’abstention (39,5%) lors du premier tour des élections municipales, donnant une sinistre illustration démocratique à l’expression “voter avec ses pieds”, les Espagnols se retrouvaient à plusieurs centaines de milliers voire plusieurs millions de manifestants dans la capitale, après avoir marché pendant plusieurs semaines “pour la dignité”.

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Ces marcheurs s’étaient mobilisés depuis près d’un mois, à l’appel de 300 organisations et associations. Venus de 8 régions du pays, les manifestants ont convergé samedi 22 mars 2014 sur Madrid, pour dénoncer la “situation d’urgence sociale” dans laquelle est plongé leur pays.

Leur programme est bien plus clair que la plupart des professions de foi reçues ces dernières semaines dans nos boîtes aux lettres ou que la “feuille de route” de notre prochain gouvernement d’après remaniement post-électoral. Il se résume en 4 points :

  1. Refus du paiement de la dette,
  2. Arrêt des coupes budgétaires,
  3. Rejet des gouvernements au service de la Troïka (CE, BCE et FMI),
  4. Un “travail et un toit pour tous” (le chômage atteint 26% et les expulsions se multiplient).

Si les médias espagnols (ou français) ont préféré minimiser le nombre de manifestants et zoomer sur les violences qui ont terni la manifestation, “encadrée” par 7.000 policiers, la réalité du nombre (comme du ras-le-bol…) n’en demeure pas moins et les responsables espagnols ne pourront pas toujours ignorer les voix de ces marcheurs.

Comme devraient cesser de le faire nos politiciens locaux…

Car à trop longtemps rester sourds aux voix de ceux qui réclament une alternative aux plans de rigueur (même rebaptisés pacte de confiance), ils risquent de subir un jour le vote des pieds… au cul !

(photos : Gérard Julien, Paul Hanna, Pedro Armestre, Andres Kudacki, DR)

Un peu de bonheur (feliz en espagnol), en direct de Montréal, avec une vidéo que m’a transmise la mère toute (et légitimement) fière d’un des saxophones de Les Guerres d’l’amour. Je suis donc heureux d’accueillir en avant-première sur abcdetc, un groupe prometteur dont le mot d’ordre est :

Au début fallait être fort et dominer, là il faut être intelligent pis futé, demain il faudra AIMER !!

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